ou comment des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux influencent votre expérience douloureuse
Le concept neuroscientifique du feu bio-psycho-social de la douleur chronique
Les aspects biologiques de la douleur
L’intensité de votre douleur n’est pas représentative de l’état de vos tissus. Il peut arriver qu’une imagerie par résonance magnétique ne révèle aucune perte d’intégrité dans vos tissus. Pourtant, vous ressentez de la douleur.
L’expérience de la douleur est individuelle. Les mécanismes biologiques sont différents d’une personne à une autre. Certains individus auront des palpitations cardiaques à la première prise de café tandis que d’autres ne percevront aucune manifestation physique après plusieurs prises.
En fonction du sexe, les hormones en circulation dans le corps sont différentes. Elles génèrent des cascades chimiques aux répercussions différentes d’un corps et d’un sexe à l’autre pour un même stimulus à la douleur.
En fonction des personnes, la sensibilité à la douleur varie.
Un patient n’étant pas habitué à faire de l’activité physique, à qui l’on propose un exercice qui n’est pas si difficile, rapporte des contractions musculaires comme étant douloureuses.
À l’extrême opposé, des individus surexposés à l’inconfort, comme les athlètes ou les personnes aux métiers physiques très difficiles, pour qui la douleur est une norme, interprètent les signaux de douleur de façon biaisée.
Les aspects psychologiques de la douleur
ou comment votre cognition influence l’intensité de votre douleur
Votre perception de votre douleur impacte sa gravité.
Prenons l’exemple d’un enfant qui chute. Si le parent le ramasse sereinement, il ne pleure pas. Cependant, si le parent accourt catastrophé, il transmet son stress à l’enfant qui se met à pleurer. La peur du danger du parent transmise à l’enfant peut même entraîner ses pleurs et ce, après qu’il a chuté *3.
Votre sentiment de danger représente donc un facteur de prédiction d’incapacité plus fort que votre douleur elle-même.
Les pensées catastrophiques se caractérisent par « une amplification des conclusions potentielles d’une difficulté rencontrée ainsi que par la rumination quant à l’anxiété qui y est attribuée »*4. Ainsi votre douleur est majorée par vos hypothèses sur ses potentielles répercussions négatives.
L’aspect nocebo impacte également votre douleur. Si par exemple votre radiographie révèle une anomalie de courbure vertébrale, il se peut que vous commenciez à sentir des symptômes douloureux.
Les aspects sociaux de la douleur
ou comment votre environnement influence votre douleurL’attitude de vos aidants et des professionnels de santé qui vous accompagnent dans la gestion de votre douleur peut influencer son intensité. Par maladresse, ils peuvent vous véhiculer des peurs.
Par exemple, trop maternants, ils peuvent vous inciter à adopter des attitudes de surprotection. Trop paternalistes, ils vous disent quelle situation surtout éviter.
Chaque personne a un rôle social. Dans chaque interaction, il y a une attente. Une douleur peut créer une souffrance.
Vous ne vous sentez, par exemple, plus capable de vous occuper de votre enfant, ce qui augmente l’intensité de votre douleur.
Le milieu du travail et la culture dans votre environnement influencent votre vécu de la douleur.
L’employeur qui accepte mal une reprise progressive de votre poste, votre assurance contestant une blessure ou une usure liée au travail engendrent une cascade d’événements vous obligeant à vous battre pour vos conditions de ressources.
Ceci engendre du ressentiment et de la contrariété vous épuisant et vous détournant de vos objectifs de santé.
La place disponible pour la douleur, dans une situation de vie qui change, par exemple lors d’un arrêt de travail, augmente le degré d’attention qu’on lui porte et modifie sa gravité.
Si vous avez beaucoup de charge mentale liée à une vie très remplie, vous accordez moins d’attention à la douleur que si vous êtes moins occupé.
Chez
, l’idée au travers de notre approche globale de la douleur, est de vous permettre de prendre conscience des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux qui influencent votre douleur.
Ceci a pour but de vous questionner sur les répercussions d’habitudes et de schémas de pensée installés, en les conscientisant pour améliorer votre qualité de vie au quotidien.
*3 McMurtry, C. M. (2013). Pediatric needle procedures : Parent–child interactions, child fear, and evidence-based treatment. Canadian Psychology/Psychologie canadienne, 54(1), 75–79.
*4 Le catastrophisme Seminowicz, D. A., Davis, K.D. (2006). Cortical responses to pain in healthy individuals depends on pain catastrophizing. Pain,120 (3).